Il existe plusieurs types de cosses selon leur forme (œillet, plate, …) et leur sertissage sur le câble (fût fermé, ouvert, …). Chaque pince est adaptée à un type de sertissage, et celles de 1er prix peuvent donner un résultat de mauvaise qualité. Beaucoup de feux électriques proviennent d’une cosse mal sertie ou mal serrée. C’est donc un point vital dans votre installation.
Passons en revue ces cosses et comment les sertir proprement

Les cosses
Bien qu’il existe une multitude de cosses, j’estime qu’il n’y en a que 2 sortes qui sont pertinentes pour aménager nos camions : les cosses à fût fermé et celles à fût ouvert.
Les cosses « classiques » : à fût fermé
Également appelées cosses isolées

Ce sont les cosses qu’on trouve dans n’importe quel magasin de pièces automobiles.
Elles sont caractérisées par une couleur qui définit une fourchette de section de câble minimum et maximum.
- Rouge pour les câbles de 0,5 à 1,5 mm2
- Bleu pour les câbles de 2,5 mm2
- Jaune pour les câbles de 4 à 6 mm2
L’anatomie de ces cosses est composée ainsi :
- Le corps métallique avec :
- D’un côté l’embout de connexion sur la borne
- De l’autre, le fût : la partie qu’on va écraser (sertir) sur les brins de cuivre
- Et l’isolant, à cheval entre la gaine du câble et le corps métallique
Comme vous le voyez, le fût est fendu pour venir s’écraser plus facilement
Les cosses à fût ouvert
Également appelées cosses non-isolées
Ici le fût est bien différent, il est complètement ouvert et en 2 « parties » :
- La jupe : 2 longues et fines pattes qui vont venir se refermer sur l’isolant du câble
- Le fût lui-même : 2 autres pattes, plus courtes et larges qui, elles, viendront sur les brins du câble
On trouve souvent ces cosses dans les magasins spécialisés de hi-fi, mais ils utilisent des sections de câbles assez petits et les connecteurs sont plaqués or pour améliorer le signal. Il faut plutôt se tourner vers des magasins spécialisés pour trouver celles qui nous intéressent
Comparatif
La solidité est la différence majeure. Il est beaucoup plus difficile de bien réussir son sertissage avec une cosse à fût fermé. Déjà parce que l’isolant nous empêche de contrôler notre travail, mais surtout par la nature même du fût :
- Il n’est pris que sur les brins de cuivre alors que celles à fût ouvert sont serties à la fois sur les brins et sur l’isolant, et ce dernier est beaucoup plus solide
- La légère fente des fûts fermés ne leur permet pas de se replier efficacement
L’isolation est-elle vraiment importante ? Oui et non. Le but de l’isolation n’est pas de vous protéger vous : normalement vous travaillez hors tension. Son rôle est d’éviter que 2 contacts se touchent, créant un court-circuit.
Cela peut se produire quand les connecteurs sont vraiment proches l’un de l’autre. C’est entre autre le cas sur les tableau de contrôle ou les prises allume-cigare / USB. Les connecteurs au dos sont des fiches plates mâles et sont très rapprochés.

Dans ce cas une isolation complète est indispensable. C’est ce qu’on trouve sur les cosses plates femelles mais c’est souvent en option :
- Pour les cosses à fût fermé, dites « isolées », l’isolant est intégré à la cosse mais on trouve les 2 (partiel et complet)
- Pour les cosses à fût ouvert, dites « non isolées », l’isolant est à rajouter


Dit autrement, si l’isolation n’est pas complète, elle ne sert à rien.
Je rajoute une couche sur la solidité des cosses à fût ouvert : j’ai eu souvent eu des problèmes avec celles à fût fermé. Pas une seule fois avec celles à fût ouvert. De mon avis, les cosses à fût ouvert sont de qualité professionnelle.
Voici un petit tableau qui résume les différences
| Fût fermé | Fût ouvert | |
|---|---|---|
| Solidité | Moyenne | Professionnelle |
| Isolation | Oui | En option |
| Prix | € | €€ |
| Rareté | Non | Oui |
Dernier point : l’épaisseur du métal de la cosse est à considérer. On trouve aisément des cosses à fût ouvert à prix avantageux en Chine. Sans vouloir dénigrer leur qualité, elles sont factuellement plus fines que leurs homologues japonaises, américaines ou encore occidentales (0,3mm contre 0,5 à 0,8mm). Cela implique qu’elles vont s’échauffer bien plus rapidement au passage du courant, et vous pourrez faire passer moins d’ampères au travers sans risquer un incendie. Vigilance donc.
Les cosses à grande section
Les cosses précédemment citées s’arrêtent aux câbles de section 6 mm2. Pour les sections supérieures, de 10 à 25 mm2 notamment, on utilise des cosses dédiées.
Ce sont des cosses à fût fermé. Cette fois, il n’est même pas fendu et il est fermé au bout, empêchant le câble de dépasser.
Vous trouverez parfois l’appellation « cosse à souder » mais ne vous inquiétez pas, elles se sertissent.
Attention au diamètre du trou de vis, il doit être adapté. La notation est de type : 10-6 (section 10 mm2, diamètre vis M6)
Bonus : les embouts de câblage
Il y a un type de connexion à éviter : les vis qui viennent écraser un câble. Très utilisées dans les dominos, on peut les retrouver dans les prises et certains équipements. À ne pas confondre avec les vis qui poussent/tirent une plaque de compression.

À droite la vis qui serre une plaque de compression sur le câble
Dans les 2 cas, la vis risque de se desserrer avec les vibrations, et ce n’est pas bon du tout ! Mais quand c’est la vis qui écrase directement le câble, c’est encore pire :
La vis vient écraser les brins, les écartant et les abîmant dans le process. Cela augmente de beaucoup le risque d’incendie !
Un embout de câblage protègera les brins, mais son sertissage est similaire aux cosses à fût fermé : il ne vient serrer que les brins de cuivre, pas l’isolant. De plus on trouve différentes qualités d’embouts (épaisseur) et de pinces qui peuvent rendre la qualité du sertissage variable. Il est toutefois possible d’obtenir un bon résultat, mais ma préférence va à l’étamage.



Les pinces
Comment choisir une pince ? Quels sont les éléments clés d’une pince ?
Une pince comporte 2 parties essentielles :
- La matrice, les mâchoires qu’on va serrer sur la cosse pour la sertir. Certaines sont interchangeables, rendant la pince plus universelle
- Le système de serrage. Ça peut être un simple bras de levier ou bien un système à cliquet, imposant d’aller jusqu’au bout pour relâcher le système. Cela permet d’assurer un bon sertissage
La pince basique
Uniquement pour cosses à fût fermé
Je vous le dis tout de suite : je ne la recommande pas !
Elle est bon marché et fait un travail de mauvaise qualité. Ses mâchoires sont extrêmement basiques : elles n’écrasent la cosse que sur une fine bande; et son système de serrage est un simple bras de levier. Elle est tout juste bonne à dénuder et couper, et encore même ça elle le fait mal…


La pince à cliquet
Moins économique que la précédente, elle reste abordable (60€) et elle vous permettra de réaliser de bons sertissages grâce au système de serrage à cliquet.

Les mâchoires sont adaptées à vos cosses. Les mâchoires pour cosses à fût fermé sont reconnaissables avec le code couleur. Faîtes attention à choisir les bonnes mâchoires


Toujours tester la solidité de la cosse en tirant dessus. Pour les cosses à fût ouvert, voici un petit tuto :

Comparatif
| Pince basique | Pince à cliquet | |
|---|---|---|
| Système de serrage | Simple bras de levier | À cliquet |
| Forme des mâchoires | Basique | Adaptée |
| Mâchoires interchangeables | Non | En option |
| Polyvalente | Oui (dénude et coupe) | Non |
| Prix | € | €€ |
La pince pour cosse grande section
Ici pas de bricolage. Si vous utilisez un câble d’une telle section, c’est qu’il y a beaucoup de courant qui circule. Une attention toute particulière doit y être portée. Une pince spéciale doit être utilisée.
Elles sont souvent empruntables dans les ateliers d’aménagement de vans ou de bateaux, particulièrement si vous avez acheté vos cosses chez eux. Il faut trouver un magasin qui a un atelier. Ça peut être le cas de Libertium, Narbonne Accessoires ou encore Accastillage Diffusion, Uship, …

Mon conseil c’est de venir avec vos câbles bien préparés : déjà coupés et dénudés à la bonne longueur + marqués pour savoir quelle cosse va où ; Vous achetez vos cosses et en caisse vous demandez si c’est possible d’emprunter 15 min la pince à sertir.
Note : le pistolet se remplace très bien par un briquet
Note 2 : je recommande de passer la gaine thermorétractable avant la cosse, vous pourriez avoir des difficultés après si son diamètre est un peu juste.
Sur le même sujet
Les gaines thermorétractables
Ces gaines ont la particularité de se rétracter quand on les chauffe. Beaucoup plus propres que du scotch, elles permettent aussi de protéger la cosse et les brins de l’oxydation.
Elles peuvent également servir de code couleur
L’étamage
L’étamage est le processus de revêtement des brins avec une fine couche d’étain. Ça permet :
- De protéger le cuivre de l’oxydation (bien plus efficacement qu’une gaine thermorétractable, ce qui n’empêche pas d’en mettre)
- De rendre l’extrémité rigide, permettant des connexions dans des bornes automatiques par exemple
- De protéger les brins de cuivre lors d’une connexion dans un bornier à vis
- De les solidariser ensemble, évitant qu’un brin ne se détache. Particulièrement utile pour éviter qu’un brin ne se fasse aspirer à l’intérieur d’un équipement électronique (avec un ventilateur) et vienne griller la carte…
- Enfin le processus améliore la conductivité du cuivre
Vous m’aurez compris, j’aime l’étamage ! Pour en réaliser, il vous faudra soit un fer à souder soit un bain d’étamage. Si le fer à souder est facile à trouver, sa puissance et la taille de sa panne limitent sa capacité de chauffe et vous pourrez avoir des difficultés à étamer des sections importantes. De plus il y a un coup de main à prendre.
Le bain d’étamage en revanche est d’une simplicité enfantine et étamera n’importe quelle section :
On voit ici l’utilisation du flux avant l’étamage. Si ce n’est pas obligatoire, c’est un bonus non négligeable : l’étamage se répartira mieux sur le cuivre, le résultat n’en sera que meilleur.
Les wagos
Les wagos sont une révolution des dominos. La vis de ces derniers est remplacée par un système de lamelle qui coince le câble lorsque le levier est abaissé. Plus de vis, donc pas de risque que ça se desserre.
Attention toutefois à bien prendre les modèles représentés ci-dessous, ceux avec un levier. Ils sont adaptés aux fils souples, contrairement aux modèles sans levier.
Attention également à l’ampérage maximum (ici 20A). On les trouve dans les magasins de bricolage.
La pince à dénuder
Si vous voulez gagner un temps fou, je vous recommande une pince à dénuder automatique, comme celle-ci :

Où acheter ?
Cosses et gaines thermorétractables
Les magasins de voitures sont des bonnes adresses (Norauto, Feu vert, Carter Cash, …)
Ceux d’aménagement de vans ou de bateaux également (Libertium, Narbonne Accessoires, Accastillage Diffusion, Uship, …)
Sinon voici un site plutôt bien fourni, notamment pour les cosses à fût ouvert et les pinces adaptées : https://classicautoelec.com/fr/
Vous trouverez ici des cosses à fût ouvert :
- À œillet (attention au modèle 62D60, M8 2,5 à 6mm2 : pour l’avoir acheté, c’est plutôt du 6 à 10mm2 et je ne connais pas de pinces avec des mâchoires assez grandes pour sertir une telle section)
- Plates
- Avec l’isolant
Ils ont également des cosses à grande section ou des gaines thermorétractables
Les outils
Les pinces à mâchoires interchangeables sont vraiment plus chères, je vous recommande plutôt de vous limiter à un type de cosse et de prendre la pince adéquate
- Pince pour cosse à fût fermé
- Pince pour cosse à fût ouvert (c’est la seule marque que je recommande : les cosses de bonne qualité, donc épaisses, sont par conséquent dures à sertir. Il vous faut une pince puissante)
- Pince pour cosse à grosse section
- Pince à dénuder
- Pince à embout de câblage

















Laisser un commentaire